Burn Outé je suis...

Voilà !!! Ce qui devait arriver est arriver...

Je suis en arrêt depuis le 4 avril jusqu'au 1er mai pour : Burn Out !!!

Ça fait des semaines que je tire la sonnette d'alarme au bureau. Nous avons déménagé en novembre dernier et nous sommes passés de bureau à 1 ou 2 (2 pour moi en l'occurrence) à un open space de 18 personnes...

Je travaille au milieu de mes collègues qui passent leur vie au téléphone tandis que je dois faire de l'administration de données et du développement informatique, sans jamais de téléphone et surtout avec une concentration qui doit être optimale...

Ça fait des semaines que je dis à ma chef que ça ne va pas, que je ne travaille pas normalement, que la qualité de mon travail n'est pas optimale, que je souffre profondément du bruit ambiant... Ayant des acouphènes depuis 2001, le bruit est un enfer pour moi...

"Mets un casque" me propose-t-on ?!?!
C'est donc à moi de m'encombrer d'un système intrusif ?!?! Même pas en rêve.
En plus, ceux qui ont choisi cette option doivent être prévenus par leurs collègues quand leur téléphone sonne... Résultat : il faut faire attention à son propre téléphone et à ceux de ses voisins... Super !!!

"Va dans les bulles de convivialité" me propose-t-on alors ?!?!
Bah oui, avec mes 3 écrans, ça va être pratique de s'enfermer dans une cage de 2m² ?!?! Je ne suis un lapin...

"Prends une journée de télétravail" me propose-t-on encore ?!?!
Non, non et re-non. Le travail ne rentre pas chez moi... Mon travail cesse lorsque je franchi le tourniquet de sortie. Et le télétravail, quelle vaste fumisterie... Je n'y crois pas une seule seconde...

Peut-être peut-on considérer que je n'y mets pas de la bonne volonté mais pour moi, les Open Space sont un scandale absolu qui torture les salariés au profit de potentielles économies (voir article du monde ci-dessous du 30 mars 2019).

Résultat, sur le conseil de ma chef, je suis allé voir le médecin du travail qui, après un longue entretien, prend ma tension. Habituellement, je suis à 12/7... Il mesure et me demande de lire le chiffre : 16/10 !!!

Tout de suite il décide de me déclarer inapte (je suis au 6ème étage du nouvel immeuble et les fenêtres ne sont pas sécurisées... Oh oh...).

Je file chez mon médecin traitant qui me déclare en Burn Out. Je suis arrêté dans un premier temps 1 mois... Il voulait me donner 6 mois au départ, j'ai refusé... Nous verrons au fil du temps.

Ma situation n'est pas isolée, beaucoup de personnes supportent mal nos nouvelles conditions de travail. Nous sommes entassés les uns sur les autres, peu importe la nature de notre travail, peu importe les résultats... Il faut gagner des mètres carrés... 

Les syndicats, le C.E. et le C.H.S.C.T. ont tout signé... En même temps, la plupart des membres de ces trois institutions représentatives sont presque tous issus de province ou de banlieue... Lorsque j'ai vu les résultats, je n'ai pu m'empêcher de dire : "Ce sont des gens qui habitent dans le fin fond de la Creuse qui vont décider de nos conditions de travail... Super !!!".

Bref, je suis arrêté pendant 1 mois, je vais voir ce qu'il va se passer, je n'ai pas envie de quitter mon job, j'aime ce que je fais, ce que j'apporte à mes collègues. Nous subissons une situation compliquée... Il va falloir être patient.

En option, la une du parisien de la semaine dernière... On en parle ?

Le Parisien - 5 avril 2019

Le Monde - 30 mars 2019


Jean-Denis Garo - Président du Club des marketeurs de la tech (CMIT)

« Open space », bureaux nomades, réunions interminables, la vie « moderne » dans les bureaux est devenue facteur de baisse de productivité, poussant les salariés à se réfugier chez eux, observe dans une tribune au « Monde » Jean-Denis Garo, spécialiste du marketing technologique.
Publié le 30 mars 2019 à 18h00 Temps de Lecture 4 min.

« une étude démontre une augmentation de 56 % des courriers électroniques et une utilisation des messages instantanés en hausse de 67 % après la refonte de l’espace de travail en open space. » RAINER BERG / Westend61 / Photononstop

Tribune. Le bureau est-il le lieu de tous les maux ? Le sujet revient régulièrement depuis la fin des années 1980, mais les évolutions technologiques, intégrées à ce que l’on nomme à présent la « digital workplace », le travail numérisé, ont ravivé le débat. Le lieu de travail n’est effectivement plus unique : domicile, transport, tiers lieux (espace de coworking, plateaux ouverts (open space), bureau nomade (hot desking) ou bureau fermé, le travail se fractionne en autant de lieux, en autant d’espaces distincts…

L’enquête Webtorials (Workplace Productivity and Communications Technology Report 2017) nous apprend que les entreprises françaises perdent en moyenne 9 000 euros par salarié chaque année, du fait d’une collaboration et d’une communication inefficaces. Entre réunions, perturbations dans l’open space, sollicitations et notifications diverses, le bureau est devenu le lieu de l’interruption permanente.

L’exercice de la réunion est assez comparable à un huis clos codifié où chacun doit jouer son rôle sans faillir. Si les séminaires et les manuels fleurissent sur le moyen de rendre une réunion plus efficace, la rentabilité de ces dernières est souvent remise en question. Selon le baromètre annuel IFOP-Wisembly (« Les réunions et leur impact sur l’engagement des collaborateurs », 2018), les cadres passent vingt-sept jours par an en réunion, un chiffre en augmentation constante.

L’e-mail, unique moyen de communiquer
Le nombre de réunions hebdomadaires étant corrélé au salaire et au niveau de responsabilité, un cadre gagnant plus de 75 000 euros brut par an assiste à 6,7 réunions par semaine. Alors que les cadres des grandes entreprises avouent que dans 46 % des cas, l’e-mail reste le seul et unique moyen pour communiquer les informations stratégiques sur le long terme.


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